La Région a signé le 23 juin avec l’État et l’interprofession Arfobois un contrat de filière bois pour trois ans afin de revaloriser cette filière en devenir. L’axe prioritaire de ce contrat est l’ accompagnement des professionnels sur le marché du bois construction.
Et si une partie des logements sociaux construits dans la région l'était en bois ? En bois labellisé Sud de France, bien entendu. Une idée avancée par la filière bois du Languedoc-Roussillon et dont la réponse pourrait totalement changer son devenir. C'est une des questions à laquelle souhaite répondre la filière réunie au sein d'Arfobois dans le cadre d'un contrat AGIR (Accompagnement Global et Investissement Régional) signé avec la Région et l'Etat.
Six contrats de filières déjà signés par la Région
Après l'agroalimentaire, la logistique et les transports, les technologies de l'information et de la communication, les équipementiers vitivinicoles et l'eau, le contrat AGIR pour la forêt et la filière bois est le sixième contrat de filière signé par la Région. En fait, la Région accompagne les mutations de la filière bois depuis 2005 : plus de 16 millions d'euros ont déjà été engagés pour accompagner en priorité l’animation régionale et les projets collectifs au service de la filière, développer la mobilisation de la ressource forestière et l’adapter aux marchés, soutenir le développement des entreprises, sans oublier la filière bois énergie.
Un potentiel encore insuffisamment exploité
La forêt couvre en Languedoc-Roussillon un million d'hectares dont neuf cent mille de forêt de production, soit environ 37 % du territoire. Cette surface boisée s'accroît de 1 % par an. Or si plus du tiers du territoire est couvert par la forêt, elle reste insuffisamment exploitée. Le potentiel est donc important.
« D’où l’idée, entre autres, de construire à terme des logements sociaux en bois issus de nos forêts, explique Fanny Dombre-Coste, conseillère régionale déléguée aux forêts. Et, de façon plus générale, d’inciter les habitants du Languedoc-Roussillon puis l’ensemble des Français à acheter du bois estampillé Sud de France dans un souci de qualité et de développement durable. »
Un soutien concret et durable aux entreprises du secteur
Le contrat de filière va donc à la fois soutenir financièrement les entreprises actuellement en difficulté en raison de la crise économique et porter des projets de développement communs, engagés par des exploitants forestiers, des scieurs, des charpentiers ou des constructeurs. Et cela tombe bien, le bois redevient tendance.
Des actions en cours
Plusieurs actions sont en cours depuis le début de l’année 2010 : appui direct aux scieries pour les accompagner dans la définition de leur stratégie et dans leur positionnement sur les marchés, définition du cahier des charges de la marque Sud de France pour les produits bois, mobilisation de l’ensemble des acteurs pour une présence affirmée de la filière sur le salon Energaïa, accompagnement pour structurer et sécuriser l’approvisionnement en bois énergie, etc. Un observatoire économique s'appuyant sur l'étude réalisée par l'Insee à la demande de la Région en 2009 et une plate-forme d’information au service des entreprises sont également en cours de réalisation.
En parallèle, les partenaires régionaux travaillent à la définition d'un programme sur l'amont de la filière pour permettre une meilleure mobilisation et valorisation des bois régionaux. Plusieurs actions sont envisagées et pourraient être mises en place à l’automne : cartographie des réseaux de desserte pour améliorer la mobilisation du bois, réalisation d’un guide à destination des propriétaires sur le bois bûche…
Un label bois Sud de France
La phase de définition du cahier des charges de la marque est en cours avec un objectif de lancement lors du salon Energaïa de décembre prochain. Un espace filière bois Languedoc-Roussillon est prévu pour promouvoir l'utilisation du bois dans la construction et l'éco-construction. "Ce label, explique Christophe Gleize, président d'Arfobois, nous permettra de mettre en avant la provenance du bois qui servira d'argument aux artisans et charpentiers confrontés à la concurrence des autres régions".

