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Technologies clés 2010

Source : Ministère de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi-DGE
Date de mise à jour : 04/11/2008

L'étude Technologies clés 2010 s'inscrit dans le prolongement de deux études de même nature qui ont fait l'objet e rapports publiés en 1995 et 2000. Il s'agit à chaque fois d'identifier, à horizon de cinq ans, les technologies clés pour l'industrie française. Il existe donc une certaine continuité de la démarche, mais elle s'accompagne cependant d'une évolution.

L'étude 2010 diffère ainsi des précédentes par la cible retenue qui est, de façon prioritaire mais non exclusive, constituée par les acteurs publics - et singulièrement les acteurs régionaux - impliqués dans la recherche d'une compétitivité industrielle à travers la maîtrise technologique. L'importance de cette dimension régionale a été exprimée, en particulier par quatre réunions de présentations dans les régions Rhône-Alpes, Nord - Pas-de- palais, Centre et Alsace. Enfin, davantage que dans les exercices précédents, on a abordé les technologies clés sous l'aspect de leur importance pour l'économie française, au-delà de la seule dimension industrielle. On ne peut en effet ignorer que les technologies ont un rôle significatif dans le secteur des services qui représente 70 % du PIB.

Le démarrage de l'étude 2010 a coïncidé avec le lancement de l'appel d'offres gouvernemental pour les pôles de compétitivité régionaux qui a conduit à la labellisation, en juillet 2005, de 66 pôles de compétitivité. L'articulation de l'étude avec cette démarche qui structure le soutien public à l'innovation a reçu une attention particulière. Le rapport précise, pour chacune des technologies retenues, sa relation aux pôles de compétitivité. On observera

que la plupart des technologies retenues sont associées à un ou plusieurs pôles, mais que huit d'entre elles sont orphelines. Leur ancrage territorial devra, dans l'avenir, faire l'objet d'une attention particulière.

La transformation rapide du contexte international dans lequel évolue l'industrie française - les effets de la mondialisation de l'économie et de la montée en puissance de la dimension européenne - marque nécessairement toute réflexion sur le développement de l'industrie française et plus généralement de l'économie. La présence de la dimension européenne s'est d'ailleurs traduite concrètement par la présence active, au sein du comité de pilotage, d'un représentant de la Commission européenne. Dans le choix des technologies labellisées, cette prise en compte du contexte international implique non seulement une appréciation de leur importance intrinsèque, mais aussi un jugement sur les atouts dont dispose la France dans chaque cas particulier. En d'autres termes, la procédure de choix confronte d'une part des critères technologiques et d'autre part des critères économiques et stratégiques qu'il convient d'apprécier dans le contexte international.

L'étude dont ce rapport rassemble les résultats n'est nullement un effort isolé. Avec une méthodologie différente, l'étude FutuRis, engagée un an plus tôt et conduite dans le cadre de l'Association nationale de la recherche technique (ANRT), poursuit le même objectif de dynamisation du système français de recherche et d'innovation.

Par ailleurs, la Commission européenne conduit, dans ce domaine, ses propres réflexions. Sur un sujet d'une telle importance, une redondance de la réflexion est en soi souhaitable, mais pour en tirer tout le bénéfice, il est nécessaire que les résultats en soient confrontés, les convergences et les divergences analysées. Il serait particulièrement important de rapprocher l'éclairage national que fournit le présent rapport de la vision européenne élaborée par la Commission. C'est là un prolongement naturel et une forme d'exploitation de l'étude qui s'achève.

Comment caractériser les tendances qui se dégagent de l'étude 2010 ? La sélection de 83 technologies, parmi les quelque 250 qui ont été examinées, se fonde sur le travail d'une centaine d'experts et sur une méthodologie qui est explicitée dans le corps du rapport. On ne saurait prétendre que la sélection présentée a la nature d'une vérité absolue, mais on peut affirmer qu'elle constitue un résultat robuste. On y discerne, et c'est une tendance qui ne peut que s'accuser dans l'avenir, une montée en puissance des technologies qui ont pour objet de réduire les externalités négatives ou, le cas échéant, de les monétariser. C'est l'effet d'une sensibilité accrue aux atteintes à l'environnement, qu'il soit global ou local, et à la rareté croissante de certaines ressources. Le poids des enjeux environnementaux tend à privilégier, dans le processus de sélection, les technologies « économes » par rapport aux technologies de rupture.

Par ailleurs, on a souvent choisi de désigner comme clés, plutôt que des technologies trop spécifiques, des systèmes qui reposent sur plusieurs briques technologiques plus étroites.

Cela résulte de la prise en compte de critères économiques dans les choix et du fait que le maintien de la compétitivité des pays développés, et singulièrement de la France, repose sur la maîtrise des systèmes complexes davantage que sur celle de composants technologiques très spécifiques. Il en est résulté que la liste des technologies clés 2010 est, avec 83 éléments, plus restreinte que celle établie en 1995 pour 2000 (136 technologies) et en 2000 pour 2005 (119 technologies). Cela explique également que la plupart des technologies clés sont liées à plusieurs pôles de compétitivités qui détiennent les briques technologiques pertinentes. Enfin, le faible pourcentage de technologies de rupture tient à ce que, contrairement à l'étude FutuRis qui est plus centrée sur la recherche, l'étude Technologies clés 2010 s'intéresse prioritairement à ce qui sort des laboratoires pour être industrialisé dans les prochaines années.


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